Pitch :
Même s'il lutte pour ne pas faire de sa dernière mission une affaire personnelle, James Bond est décidé à traquer ceux qui ont forcé Vesper à le trahir. En interrogeant Mr White, 007 et M apprennent que l'organisation à laquelle il appartient est bien plus complexe et dangereuse que tout ce qu'ils avaient imaginé...Bon, qu’on se le dise, ce 22éme épisode des aventures de James Bond a divisé. Pourquoi ? Principalement (et au départ) parce qu’il est une suite directe de Casino Royale (sorti deux ans plus tôt). Et alors me direz-vous ? Et alors il se trouve que l’idée d’une suite n’est pas du goût de tous, surtout quand on apprend que c’est
Marc Foster (réalisateur – entre autres – du nanar Neverland) qui s'occupe de la réalisation.
Seulement, après visionnage, est-ce si catastrophique que cela ?
La réponse est clairement non. Non parce que primo,
Daniel Craig livre ici sa meilleure prestation dans le rôle du célèbre agent secret. Tout en muscle et en énergie,
Craig insuffle une dynamique et une puissance physique phénoménale à l’agent secret. Secundo, parce que le film nous propose 1H47 d’action pure et dure, sans temps morts, sans chichis, sans balivernes inutiles.
Au fond, qu’est ce que James Bond ? Qu’est qu’un épisode “réussi” ? Quels sont les ingrédients nécessaires à la reconnaissance de l’icône, du mythe ? Un gentil, un méchant, des filles, des voitures, du sexe et de l’action (si,si réfléchissez bien). C’est tout me direz-vous ? Oui, c’est tout. Force est donc de constater que le “mythe” de Bond tient sur une ligne, ce qui, à ce titre, en fait autant sa force (si peu de mots pour tellement d’effets) que sa faiblesse (le côté “clichés” des différents éléments cités).
Foster (a tort ou à raison) en retient donc une seule idée, simple et évidente : le besoin d’aller à l’essentiel, de presser le "fruit" Bond pour en extraire sa substance la plus pure, sa quintessence en quelque sorte. Cette matière “Bondesque”,
Foster en trouve une majeure partie, d’office, chez son acteur principal,
Daniel Craig, en osmose totale avec son personnage, brute sans foi ni loi à la vie sentimentale complètement anéantie (souvenez-vous, Vesper meurt dans Casino Royale). Tel un félin aux griffes acerbes, Bond court, saute, tire et tue de sang froid, sans émotions, sans remords.
C’est donc violent (surtout quand on repense à certains épisodes de la saga où les blagues étaient plus nombreuses que les balles tirées) tendu, nerveux, à “fleur de peau”. C’est là qu'est tout l’intérêt de cet épisode, rodéo infernal s'affranchissant de tous les obstacles, et allant jusqu’au bout, le prix pour y parvenir important peu (James Bond mis aux arrêts avec passeports sur listes noires – fait exceptionnel).
L’autre partie vient simplement de la façon qu'à
Marc Foster de raconter, d'exposer les scènes. Cette manière de les construirent sans étirements inutiles, sans dialogues susceptibles de plomber cette course effrénée entamée dès les premières minutes (chouette mise en bouche "automobile" au passage).
Quantum of Solace est concis, précis, garde en ligne de mire ce souci, cette obsession de l’efficace. C’est bien cette volonté de s’en tenir coûte que coûte à l’objectif de départ, sans se poser (trop) de questions qui demeure définitivement le point le plus intéressant du film. Au fond, Bond s’est-il “Bournisé” ?, Bourne s’est-il “Bondisé” ?
Peu importe car quoiqu’il puisse exister comme similitudes, celles-ci sont au service des acteurs et de la trame scénaristique du film, de sorte à humaniser le personnage qu’est James Bond.
N’est ce pas là un point qui lui faisait cruellement défaut jusqu’à lors ?
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